Into the wild

Il est environ six heure du matin et les premiers rayons du soleil embrasent la ligne d’horizon à l’Est de Poon Hill. La palette des couleurs dégradées allant du rouge au bleu marine en passant par plusieurs nuances de jaune et d’orange fendent l’obscurité de la nuit.

Petit à petit, l’aube laisse sa place à l’aurore et une lumière chaude emplit nos visages encore engourdis par le froid sec et glacial. Sur un panorama à couper le souffle, les majestueux sommets de l’Himalaya s’éveillent les uns après les autres. Au Nord-Est, les pics enneigés de l’Annapurna revêtent un habit d’une lumière orange éclatante. Anne et moi savourons chaque seconde de ce spectacle éphémère d’une rare beauté. Nous y voilà. Nous embrassons ce sentiment de liberté absolu que seule l’immensité sauvage et reculée de la nature sait procurer. Les heures d’effort sont généreusement récompensées par des secondes 24 carats.

Nous sommes à 3 210 mètres d’altitude, ce sera le point culminant de notre petit trek de cinq jours dans l’aire de conservation de l’Annapurna.

Plusieurs jours auparavant, lors de notre étape à Bandipur, nous étions arrivés à la conclusion qu’un trek serait une aventure indispensable pour compléter notre découverte du Népal. En arrivant dans la seconde ville du pays, Pokhara, nous commençons les préparatifs en vue de monter cette expédition. Nous posons nos sacs à dos dans un hôtel bon marché du quartier touristique de Lake Side, à proximité du lac Phewa.

Nous nous mettons aussitôt en quête d’informations et écumons ainsi une partie des agences de trekking de la ville. C’est décidé, nous partirons sans agence, sans guide, sans porteur : juste l’Himalaya et nous ! L’itinéraire que nous choisissons est assez commun, et son niveau de difficulté semble accessible au « grands sportifs » que nous sommes (5 à 7 heures de marche par jour, environ soixante kilomètres de parcours et un dénivelé de 3 773 m de montées contre 4 437 m de descentes).

Malgré un retard d’une journée en raison des formalités administratives nécessaires pour se procurer l’obligatoire permis de trekking, nous réussissons à rejoindre notre point de départ, Nayapul. Nous avions laissé les affaires jugées non-indispensables à la réception de notre hôtel de Pokhara avec l’espoir de les retrouver à notre retour (ce qui fût le cas) !

Au fur et à mesure que nous progressons dans notre expédition, nous accueillions avec émerveillement la richesse et la diversité des paysages qui nous sont offerts : falaises rocheuses désertiques, jungle tropicale luxuriante, crêtes de montagnes enneigées, cascades et torrents aux eaux cristallines, ponts de singe vacillants, villages paisibles aux toits bleus, rizières et cultures en terrasse …

Une ascension ardue de plus de trois mille marches nous mène au petit village d’Ulleri où nous passerons notre première nuit. Le jour décline tôt et à 17h30 il est possible d’observer le coucher de soleil depuis la chambre que nous louons dans un lodge modeste, rudimentaire mais charmant. Le froid, la faim et la fatigue nous poussent rapidement à descendre dans la salle commune, nous regroupants autour d’un bidon d’acier recouvert d’argile et servant de poil à bois, ou nous attendons sagement notre diner, en compagnie des porteurs et guides Sherpas. La soupe à l’ail et le pain tibétain au fromage de yack nous réchauffent et nous rassasient.

Si les prix des hébergements sont dérisoires (moins de quatre euros par nuit), ceux de la nourriture sont multipliés par trois en comparaison au prix pratiqués dans le reste du pays. L’approvisionnement de ces villages perdus au milieu de rien se fait exclusivement à dos de mules, de chevaux fatigués ou sur la tête d’intrépides porteurs.

Comme une sorte de rituel, chaque matin, lorsque nous reprenions la marche, au bout de quelques pas à peine, nous étions rejoint par un chien. L’animal se mettait alors à nous suivre, pendant des heures entières, sous la chaleur accablante de midi et à travers les chemins accidentés à flancs de falaises, ce guide à quatre pattes devenait le troisième trekker de la bande. Le soir venu, notre compagnon du jour disparaissait discrètement pour laisser place – dès le lendemain matin – à un autre chien.

Sur le chemin, nous croisions d’avantage de buffles, de vaches, de chèvres, de chevaux, de singes que de randonneurs. Le début de la basse saison s’avère idéal pour vivre cette expérience sauvage.

Pour notre dernière étape, nous nous arrêtons dans le village fleuri de Jhinu Danda afin de reposer nos jambes endolories dans les sources d’eau chaude naturelle qui y coulent. Nous y resterons des heures entières et débriefons de toutes les merveilles que nous a offert ce trek. Le lendemain, nous marcherons quatre heures pour rejoindre un bus qui nous conduira vers de nouvelles aventures.

4 commentaires sur “Into the wild

  1. Bonjour, tout d’abord Roby et moi vous souhaitons une bonne année 2018 ! Nous savons déjà qu’elle sera riche de rencontres, de voyages et de dépaysements !
    D’autre part, nous sommes admiratifs de votre courage (sportif) et de votre facilité d’adaptation.
    Enfin, nous vous envions et vous remercions pour toutes ces beaux moments et magnifiques paysages que vous partagez si simplement et gentiment !
    Continuez de nous faire rêver 🙂
    Gros bisous
    Roby et Valérie

  2. Hello Anne et Doudou! C’est magnifique! Continuez à nous faire partager votre beau voyage!

    On vous embrasse très fort!

    Victor et Marina

  3. Quels articles merveilleux ! Vos photos sont magnifiques et nous permettent de nous évader durant plusieurs minutes 🙂
    C’est un vrai régal !
    Profitez à 100 %, nous avons hâtes de vous relire et de suivre vos péripéties.
    Excellente année 2018 à vous deux
    Grosses grosses bises

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